mardi 10 mars 2020

Dire au revoir aux copains

Une fois la réception des marchandises finie, inventaire fini et complet. Le raid est reparti et les avions ne cessent de faire des allers retours pour rapatrier les campagnards d'été sur les terres australienne et néo-zélandaises.

En générale, ce sont des avions de 7 passagers (+ 4 équipages, c'est une compagnie canadienne qui s'occupe de nos vols ) ou alors des vols de 16 passagers ( en fonction de la taille et capacité de l'avion).

Et les adieux pour moi sont déchirants ! Il faut dire au revoir à des gens avec qui tu as vécu pendant trois mois, non stop, les uns sur les autres mais avec qui tu as tissé des liens très forts. Le fait d'être dans un espace à huit clos comme celui-ci, de vivre et travailler sur le même site créer des liens très fort.

Durant toute la campagne d'été j'ai eu beaucoup de soutient de la part de certains, dans les bons comme dans les mauvais moments.
Par exemple dans les moments intenses en travail, Titi (Thibault ancien hivernant DC15), Rémi Puau, Benoit, Bruno, ... Passaient me faire un coucou, un calin, un bisou ou même ne serait ce qu'un sourire et ça, dans les moments durs c'est précieux.
Clément et Christophe, les charpentiers, m'ont beaucoup aidés : ils sont venus m'aider en cuisine, ils ont aider à décharger la nourriture, à ranger, à faire l'inventaire avec moi, à organiser des soirées mais aussi ranger après. Ils sont géniaux. Je suis allé les aider sur leur chantier du magasin générale.
Rémi Puau avec Kiki la Praline m'ont appris à me servir de mes dix doigts pour confectionner des petits cadeaux.
J'ai aidé Bruno à démonter une pompe à injection sur un moteur.
De l'aide de plusieurs personnes pour le nettoyage en cuisine de temps en temps. Ranger les containers.  Nettoyage de la cuisine de fond en comble.

Nous avons fais une partie de rugby ensemble. Regarder pleins de films avec des sucettes chupa chups (très important ce détail). Organiser des soirées à la Spacca Ossa (boîte de nuit).

Un été légèrement due mais magnifiques grâce à ces personnes. 

Premier faux départ : ils ont pris l'avion puis ils ont fait demi tour à cause du mauvais temps.
Le lendemain ils repartent direction DDU pour prendre le bateau, cette fois ci c'est la bonne, à très vite les copains ! (tous ne sont pas là)

mercredi 26 février 2020

Le Raid, qu'est ce que c'est ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?




Qu'est ce que c'est le Raid ?

Le raid en fait, c'est une succession de gros tracteur à chenilles ( et non pas des roues) qui traverse l'antarctique d'un point A à un point B.
En l'occurrence, le Raid logistique part de la base Prud'Homme ( qui se situe sur les côtes à coté de la base française Dumont d'Urville, gérée aussi par l'Ipev ). Il part donc de Prud'Homme pour venir jusqu'ici, le tout en 9 ou 10 jours si tout se passe bien. A raison de 100/110 kilomètres part jours, 13km/h.
Oui d'accord des tracteurs sur la neige, mais pourquoi ? Le raid logistique apporte toute ou quasi, la logistique nécessaire pour le fonctionnement de la base. Mais encore ... Par exemple, ils amènent du matériels de constructions, des outils, des engins, mais surtout : du fuel. Le fuel permet de faire fonctionné la base : les machines, l’électricité, chauffage, etc ... Donc très importants mais aussi très lourd à charger et porter jusqu'ici.
Dans un second temps, le Raid amène plus de 2 tonnes de nourritures et de boissons, c'est là que ça nous intéresse. Ils nous amènent donc quasi tout l'approvisionnement de nourriture pour le reste de l'année. C'est essentiellement du congelé certes (viande, poisson, charcuterie, légumes, fromages, fruits surgelés....), mais aussi beaucoup de secs. Ce que j’entends par le sec c'est de la farine, des conserves diverses et variées, des gâteaux, des bonbons, de l'alcool, des sirops, des jus de fruits. Très peu de produits frais arrivent par le Raid. Pourquoi ? Parce que le raid met 10 jours à venir, que les produits frais ne résistent pas bien à l'altitude, au manque d'oxygène mais surtout aux températures ... La nourriture fraîche arrive en générale par les avions en provenance de Dumont D'urville ( nourriture qui est arrivée tout droit d'Australie, par bateau) et de la station Mario Zucchelli ( station italien, elle aussi approvisionnée par bateaux).
Une fois que le Raid est arrivée à Concordia, il faut tout décharger et tout ranger. Au préalable, il faut ranger tout les containers qui sont dehors ( j'ai pu compter sur mes co-hivernants pour m'aider dans cette lourde tâche), faire de la place dans le magasin sec ( qui se trouve dans la tour bruyante). Ensuite, le station leader organise deux équipes : une équipe qui va dans le frigo +4 degrés ( c'est carrément une pièce). Dans ce frigo là, il y a une porte. Deux personnes s'équipent d'un baudrier de sécurité ( pour éviter la chute de deux étages ) et on ouvre la porte. Kilian, alias Kiki, avec le merlot ( engin avec un bras qui permet de soulever une benne pleine de nourriture) monte la benne jusqu'à la porte. Les deux personnes équipées monte dans la benne 5voir la deuxième photo) et décharge la nourriture en la faisant passé à la chaine humaine. Moi, je suis en générale vers la fin de la chaîne et je dispache la nourriture et disant où cela se range et comment.
L'autre équipe se trouve donc dehors à charger la benne mais aussi à décharger le reste du Raid, la partie technique, réparer ce qui a été cassé pendant la traverse, recharger le raid avec des choses à redescendre à DDU ou encore nos déchets. Ici tout nos déchets sont trier par catégorie ( pire qu'en France, différents métaux, différents plastique...) et rapatrier vers l'Australie, la France ou l'Italie.

Le Raid reviens fin Janvier pour apporter ce qui manque : conserves, bières, jus de fruits,  secs. Le frais arrivera par avion début février avec le dernier avion avant de commencer l'hiver ...
Mais avant, il faut faire l'inventaire de touuuuuuuuuuuuuuuute la nourriture présente sur la base.

Inès et Stjin qui décharge les nouveaux canapés pour le salon.
Luca, un de mes co-hivernant habilité à porter le harnais de sécurité pour pouvoir décharger la nourriture de cette benne blanche.

vendredi 31 janvier 2020

Euh aller Elisa, mets toi à la page un peu ! NOUVEL AN

Je suis désolée pour le retard mais comprenez bien que la saison d'été c'est comme une fourmilière géante et moi je suis au milieu et il faut nourrir toutes ces petites fourmis affamées.

Comment s'est passé le nouvel an ? Beaucoup mieux. A la base était prévu un Barbecue mais les scientifiques ont refusé pour des raisons de pollutions de la neige et de l'atmosphère. Chose que je comprend tout à fait, on est quand même là pour la science !
Le Raid logistique est arrivé le 31 au soir, pile poil pour le repas ! Ce raid là était remplis de tonnes de nourritures, que nous allions décharger quelques jours plus tard.
Du coup, nous nous sommes mis au travail deux jours avant. En entrées, comme d'habitude, le billard transformé en table. La tradition italienne pour le nouvel an est de manger des pieds de porc et des lentilles en entrées. Alors Franco l'a préparé et moi j'ai préparé pleins de petites entrées végétariennes (homous, caviar de betterave, confit d'oignon, artichaut truffe, etc ... et quelques tartes salées réalisées avec Wenceslas un co-hivernant).

Ensuite en plat, nous avons fait donc de la viande grillée mais dans la cuisine. Accompagnée d'un gratin dauphinois, que tout le monde a adoré !

Et pour finir, en dessert, mon collègue Franco a fait d'énormes Baba au rhum et moi j'ai fais une tarte au citron réalisé avec une campagnarde d'été, Fanny.

La soirée a commencé doucement, plus ou moins tout le monde s'est mis sur son trente et un, pomponner, parfumer, raser... Tommaso, un informaticien italien, a préparé les cocktails ( il en a d'ailleurs nommé un : Elisa   eheheh ).
Puis retenti l'alarme incendie : OH NOOOOOOOON ! Je fais partie de l'équipe des pompiers ... Me voilà en train de courir en robe et collant, dévalant les escaliers avec mes collègues car l'alarme s'est déclenché dans une chambre (dans l'autre tour donc). Adieu le brushing, le maquillage, la robe bien repassée. Je mets tout en l'air et enfile ma tenue de pompiers ( pantalon, veste, cagoule, gants, bottes, casque, radio, masque d'oxygène avec la bonbonne d'oxygène dans le dos). Puis Rémi, le chef technicien vient vers nous et nous annonce qu'il n'y a pas de feu, que c'est une fausse alarme. La raison ? Luca, notre informaticien hivernant, s'est fait lui aussi un brushing avec le sèche cheveux ( oui il a les cheveux longs). L'équipe a débarqué dans la chambre, Luca, en robe de chambre, cheveux sur le côté en train de se sécher ...

Je reviens à l'apéro j'ai les cheveux désordonnés, je suis rouge comme une tomate après un effort (je rappelle l'altitude n'aide pas), je suis essoufflée. Ahhhhh la soirée commence  bien...
Il n'empêche que tout s'est bien passé, tout le monde s'est régalé, je me suis même assise à table avec les copains, j'ai papoté avec les techniciens du Raid qui étaient ravis d'être là et de se régaler !
La soirée a fini sur une petite sortie à la Spacca Ossa ( boîte de nuit un peu plus loin sur la base) pour se défouler, se vider la tête de tout ce qui s'est passé les jours précédents et se remettre d’aplombs pour la suite car le déchargement du Raid, c'est quelques choses ...


L'équipe DC16 sur un avion TWIN


vendredi 17 janvier 2020

Noël, Natale, Christmas, Kerstmis ...

Avec un peu de retard mais ... Comment s'est passé Noël ?

Honnêtement c'était pas de tout repos ! Vous me direz c'est comme si je travaillais en France. Eh bien pas tellement après une bataille des menus, durement perdu nous voilà lancer dans la préparation de 12 entrées, 6 plats et 5 desserts.
De plus, il faut prendre en compte que nous avons sur la base 3 végétariens et 1 végan.

Le repas s'est déroulé de la manière suivante :

Toutes les entrées ont été présentées sur un buffet (billard transformé en buffet), que ce soit des entrées chaudes (gambas enroulées de pancetta, mini pizza, saint jacques gratinées, escargots ...) et des entrées froides (foie gras maison : bien évidemment mes collègues m'attendait pour une fille du sud ouest ... ; tartes salées, fromages, saumon fumé, tartare de saumon, ...).

Puis suivent les plats, service à table : en premier lieu le risotto à la truffe, puis s'en suit les pâtes au poisson à l'encre de seiche. Une fois fini nous envoyons des darnes de saumon aux agrumes avec des épinards à la crème. Et pour finir, tournedos rossigny avec des pommes de terre confites.

Une fois tout ceci engloutis, les invités n'avaient plus vraiment de place pour une "petite" douceur sucrée. Franco avait préparé des gâteaux secs, des fritures ( style merveilles). Et moi j'avais préparé des buches de Noël: avant d'élaborer quoi que ce soit il faut avoir les moules pour les buches. Comment fait-on quand on a pas de moules en silicone ou en acier ? On demande à Pierrot le chaudronnier de nous en fabriquer sur mesure !
Une fois mes 4 moules à buches réalisés parfaitement, un gros câlin à Pierrot pour le remercier, je me lance dans la confection, ce qui donne à la fin : biscuit breton suivit d'une gelée orange sanguine, une mousse à la vanille et un cœur fraise !

Dans les moments un peu difficile comme celui là, un peu fatigant, je peux compter sur les copains : pour m'aider à faire la plonge, pour me faire un câlin à la volée, un petit mot doux, finir le ménage rapidement pour pouvoir aller danser avec eux après quelques heures histoire de me défouler... Et dans ces moments là où tu es loin de ta famille ( première fois que je fêtais noël sans eux), les avoir à mes cotés fait chaud au cœur.

Je tarde pas trop à la Spacca Ossa (grande tente aménager en boite de nuit) car il faut se lever demain ( 25 décembre ) car un autre repas est prévu. Eh oui encore... Lasagne maison, cochon de lait entier rôti, légumes, ...
Puis il faut penser au repas du nouvel an qui n'est qu'une semaine plus tard ... Aller.

Les photos arriveront plus tard, le réseau n'est pas très clament en ce moment.

vendredi 20 décembre 2019

Coté travail, comment ça se passe ?

Voilà pratiquement un mois que je travaille en cuisine dans les locaux de Concordia. La station se compose de deux tours : une tour calme ( dans laquelle se trouve les labos scientifiques, secrétariat, puis l’étage des chambres et en enfin au premier étage l’hôpital) et la tour bruyante(centrale électrique, traitements des eaux, bureaux et ateliers techniques, puis les frigos, magasins secs, et enfin au dernier étage la cuisine avec le self et le salon).

Une journée typique : Je me lève à 5h du matin, je descend la tour calme pour monter tout en haut de la tour bruyante. Je lance le café (très important), l'eau chaude pour le thé: Je mets en place les fruits frais, les céréales, beurre confitures, quelques jus de fruits, lait froid, lait de soja et le nutella. Puis je taille la charcuterie (grand mangeurs de bon matin).
Et enfin si j'ai un peu préparer la veille ou si j'ai le temps je prépare de la brioche, etc.

Je prépare aussi la pâte à pain. C'est là que cela se complique : le pain est un grand sujet de discorde ici. Du à l'altitude, les conditions ( à 3 800 mètres d'altitude le taux d'oxygène, le manque d'humidité et la pression atmosphérique ) font que tout ne pousse pas et ne cuit pas de la même manière. Par exemple le pain pousse pendant des heures, les recettes ont été cherchés et approfondies un bon nombre de fois pour arriver à un résultat plus que convenable et surtout qui plait à tout le monde. Parfois le pain est trop compacte, ou a trop le gout de levure, ... Compliqué.
Alors je m'essaie au levain grâce à Benoit qui m'apprend sur son temps libre.
Pour les gâteaux, les cakes c'est pareil il faut trouver le bon dosage de levure.

Les pâtes par exemple ainsi que le riz, il faut doubler le temps de cuisson car l'eau à 88 degrés environ et non à 100 degrés. Ahhh les pâtes ... Grande passion des italiens. Étant et y travaillant pour une base franco italienne, nous devons cuisiner des pâtes touuuuut les jours. Et je peux vous dire que quand ils n'en ont pas, je m'attire quelques foudres.
Le fait de cuisiner pour des cultures différentes m'oblige à prendre sur moi (grande leçon de vie), accepter que je ne pourrais jamais satisfaire tout le monde, apprendre de nouvelles recettes, de nouvelles techniques.

Les journées sont chargées, la base est remplie de petits ou grands estomacs qui parfois n'attendent que ça : manger. J'ai eu beaucoup de compliments sur ma cuisine et ça fais plaisir, chaud au cœur et parfois ça remonte le moral.
Je peux aussi compter sur pas mal de personnes pour m'aider en cuisine si nécessaire. Par exemple une semaine sur deux j'ai mon samedi ou mon dimanche donc l'autre jour c'est mon collègue italien, Franco, qui prend son jour de repos. Alors je me retrouve seule à faire à manger pour 70/80 personnes. J'ai du mal à demander de l'aide mais dans ces conditions là, il faut savoir le reconnaitre et demander.

Sachez que les campagnards d'été (ceux qui ne reste que jusqu'en février max) et/ou les hivernants (mes collègues pour un an) ne manquent pas d'idées de plats, de repas et m'en font part. Bien sur j'essaie de les satisfaire, de faire ce que je peux mais il faut jouer entre la différence de culture, les produits frais, les produits surgelés brulés par le froid ( les produits surgelés sont conservés dans des containers dehors : donc au mieux ils sont conserver à -25 degrés, au pire ils sont à -80): Il faut donc jouer avec la qualité, la quantité et le temps.

Les produits frais arrivent par avion, les produits surgelés et les produits secs (farine, sucre, gâteaux, céréales...) arrivent par le raid : le raid logistique c'est un convoi de gros tracteurs Caterpilar avec des chenilles à la place des roues (pour faire gros).

Voilà cela fait déjà un joli chapitre, je me réserve pour la suite. Je vais me coucher ( nous avons 7 heures de différence ) je vous raconterai la suite au prochain épisode.

En attendant vous pouvez me contacter en privé par WhatsApp ou encore par mon adresse mail pro : elisa.calmon@concordiastation.aq

A bientôt !
(Désolée pour les quelques fautes, les claviers QWERTY me sont encore inconnus ).
                                                 Rangement des conatiners de vivres


                                            Soirée pizzas ( en générale le samedi soir )

jeudi 5 décembre 2019

On y va ?

Départ le mardi 19 novembre : lever 3h45. Départ de la maison avec tout le monde à 4h.
Arrivée à Pau, dire au revoir à sa famille, quelques larmes, se dire que je les reverrai que dans un an. Puis c'est parti je m'envole pour Paris Charles de Gaule. J'attends quelques heures avant de retrouver deux futurs hivernants ( Bastien et Vivien ) et quelques campagnards d'été.
Départ 12h15 pour Hong Kong, un "petit" voyage de 11h30 nous attend. Quelques films plus tard, deux repas, et trois heures de sommeil nous voilà arrivés à Hong Kong à 7h du matin heure locale.
Notre prochain vol est à 21h : il va falloir s'occuper. Heureusement nous avons accès au Lounge ( ce qui va nous permettre de nous doucher, manger un peu ).
Après 6h de détente on doit sortir, on fini donc dans le hall de l'aéroport, à dormir par terre car la fatigue nous gagne ( Hong Kong est sur le même fuseaux horaire que Concordia, on a donc essayer de se caler).
21h : embarquement pour Christchurch ( Nouvelle Zélande ) : cette fois-ci c'est 11h45 de vol qui nous attendent.
Une fois le pied posé sur le sol néozélandais je ne rêve que d'une chose : mon lit à l'hôtel. Un homme avec un petit panneau IPEV nous accueil, nous coche sur son petit papiers et nous annonce : vous partez ce soir ( il est 14h à ce moment là) : 17h30 formation, 19h30 enregistrement, 22h décollage.
Le temps d'arrivée à l'hôtel, une petite bière, recevoir son paquetage ( une partie ), formation, manger mexicain avant de partir, s'équiper en tenue polaire, peser ses sacs et attendre avant de monter dans le C130 ( avion militaire italien ).
Le C130 ... Le pire avion de ma vie. Je remercie Celas pour son conseil d'emmener un casque de musique ou de chantier. Les bouchons plus le casque n'ont pas réussi à couvrir le vacarme de cet avion militaire. Mes multiples tentatives pour trouver une position, tenir ma tête avec mon écharpe accrochée au filet car nous étions assis sur des filets tendu, sans appui tête, entassés comme des sardines ... J'ai fini par aller me coucher sur la petite parcelle de sol qu'il restée ( un peu en plein milieu du passage, sur des rails ( peu confortable pour le dos certes)).
Et puis Vivien mon collègue me fait signe de le suivre pour aller à une des seuls fenêtres de l'avion et je découvre : l'Antarctique. Vivien voit mon sourire jusqu'aux oreilles, comme une enfant.
Et je pose mon premier pas sur la banquise à la station Mario Zuheli. Woaaaaah ... J'en ai eu les larmes aux yeux. Il est 5h du matin, j'ai dormi une petite heure. Mais je suis heureuse. Je monte dans le pick-up et là on m’annonce : vous partez dans 4h. QUOI ?
Un petit déjeuner, une réunion et nous voilà dans un petit avion Basler avec un peu de nourriture a amener à Concordia. 4h plus tard, mon collègue de siège me montre un petit point noir à travers la fenêtre complètement glacée : CONCORDIA.
Une fois arrivée quelques têtes connues à l'Ipev nous accueille, mais surtout mes futurs collègues DC16 qui m'enlace dans leurs bras et dont je suis ravie de les revoir.
Il est 9h du matin, ça fais trois/quatre jours que je voyage, j'ai dormi 10h mais je retiens le conseil de Paul Laforêt ( le médecin des TAAF qui nous a fait la formation) "surtout ne dormez pas directement, luttez, car le mal des montagnes vous surprendra encore plus". Alors une longue lutte entre le sommeil et moi s'est entamé. J'ai tenue bon ( j'ai fais qu'une petite sieste de 2h), cette bataille au final, m'a permise de me caler directement sur le rythme de la base et surtout de "bien vivre" l'altitude.

Ne faire aucun efforts. Tout le monde le rabâche car sinon tu vas le payer quelques jours. On me monte mes sacs dans ma chambre que je découvre et que je partage avec Brunella, l'infirmière pour 1 mois durant.

C'est drôle, tout le monde connait mon prénom alors que je ne les connait pas... La cuisine a une grande place dans la vie de cette base.





Une partie de mon équipement polaire ( l'autre moitié m'attendait déjà à Concordia )



Vu du ciel, les premières "montagnes" de glace

vendredi 8 novembre 2019

Prête ?

Pourquoi je me suis lancée dans cette aventure ? Je voulais travailler au froid. Vous allez me dire je suis servie. 
J'ai guetté les annonces pendant des mois, puis une fois parût, j'ai postulé deux/trois mois plus tard. Laurence Le Marec, responsable des ressources humaines, m'en est témoin, je leur ai bien montré que j'étais bien déterminée à obtenir ce travail. Une fois passée les examens médicaux et psychologiques, un looooong moment d'attente se passe. Puis Mme Le Marec ( très patiente avec moi) m'a demandé si finalement je parlais Italien ? Euuuuh ... Si ? Quelques examens médicaux plus tard, le 19 juin en pleine ouverture d'un restaurant un mail arrive : vous êtes apte. 

Et de là, s'en suit une course contre la montre. Les rendez-vous médicaux supplémentaires, continuer son travail, préparer l'inventaire de "quoi amener des les malles pour un an" (même mes collègues m'ont aidés et m'ont été d'une précieuse aide. Merci Camille et Kévin !). 
Partir en voyage au Canada, revenir et n'avoir plus qu'une semaine pour tout rassembler et envoyer les cantines à Brest. 

Pour moi 3 cantines c'est : des tonnes de crèmes pour les mains ( mes pauvres petites mains vont souffrir), 14 tablettes de chocolats, des caramels Werther's original, une enceinte bluetooth pour ambiancer ma cuisine, des livres de recettes, un plaid, une tasse à thé et mes thés bios, un an de dentifrice, 10 brosse à dents en bambou, un disque dur, un album photo, des vêtements, des tonnes de chaussettes, quelques pulls ... Quelques tenues de cuisines bien sûr. 

Rendre l'appartement. 

Commencer la première semaine de séminaire à Plouzané, à l'institut Polaire Paul Emile Victor. Enfin je rencontre l'équipe (coté français). On assiste à plusieurs présentations ( des différentes missions, des différents corps métiers présents au sein de l'institut), des ateliers ( prévention incendie, sécurité, ...), visite de l'océanopolis avec petite réception. 
Belle semaine, complète, intense et remplie de belles rencontres !
D'ailleurs je vous invite à regarder leur site officiel pour plus d'informations sur toutes les missions, photos, vidéos, etc ... https://www.institut-polaire.fr/language/fr/

S'enchaîne une semaine de cohésion à Tréminis (à coté de Grenoble) : avec l'équipe au complet (ou presque il manque une personne). Apprendre à vivre ensemble et essayer de trouver des solutions aux éventuels problèmes. Se présenter, cuisiner ensemble, faire de la ViaFerrata et du bivouac en montagne, etc ... Semaine intense, épuisante mais intéressante.
Il nous manque Andrea ...

Dire au revoir aux copains

Une fois la réception des marchandises finie, inventaire fini et complet. Le raid est reparti et les avions ne cessent de faire des allers r...